Thierry DUSSAC

L’AME, C’EST PEUT-ÊTRE LE COTE CACHE DONT LE CORPS FAIT JAILLIR LA VIE…
THE SOUL MAY JUST BE HIDDEN PAST BRINGING LIFE TO OUR BODY…
Je peins donc je suis… I paint therefore I am…

Dandy des temps modernes au coup de pinceau expressionniste, c’est paradoxalement avec beaucoup de pudeur et d’intimité que Thierry Dussac expose la souffrance, qu’elle soit physique ou morale, tout en exprimant, avec instinct, l’érotisme et la mort.
Ce qui frappe d’emblée dans la peinture de Thierry, c’est une sorte de familiarité avec ce que l’on pourrait appeler l’expressivité du corps dans sa représentation picturale et dans un langage émotionnel et sensible, n’hésitant pas à aller jusqu’à la distorsion des traits, et à mettre en lumière l’évidence.
Thierry ne cherche pas à montrer, mais bien à exprimer ce qu’il ressent profondément…
Le travail de Thierry est à la fois dans le dessin et dans la peinture, et il se présente volontiers comme héritier des démarches classiques, celles des générations pionnières comme celles de leurs successeurs (Francis Bacon, Lucian Freud, Jenny Saville…).
Autant d’artistes reconnus, confrontés à la question obsessionnelle de la figuration, de la représentation du corps humain et de ses souffrances…

Le corps, sa nudité, sa fragilité sont au cœur de ses obsessions plastiques. Son travail est un long questionnement sur l’être humain – sa condition éphémère, la dimension misérable de sa condition, sa décadence, la vie, la chair – son étrangeté, son érotisme, son animalité, ses stigmates, sa mort…

Avec un langage épuré, aiguisé, économe. Celui de la simplicité et de la sublimation, perméables aux moyens et aux techniques classiques du dessin et de la peinture.
Ainsi, Thierry ébauche, puis extrait la quintessence des formes et l’essence des êtres, aussi fugitifs soient-ils…

Modern times dandy with an expressionist brush stroke, paradoxically it is with a lot of decency and intimacy that Thierry Dussac exhibits physical or moral pain as well as, instinctively, eroticism and death.

What strikes straightaway in Thierry’s painting is a kind of familiarity with what one can call the expressivity of the body in its pictorial representation and with an emotional and sensitive language. He never hesitates to distort the features and to bring the obvious to light.
Thierry doesn’t try to show but rather to express what he deeply feels…
Thierry’s work is both in drawing and painting and he openly introduces himself as an heir to classicists: pioneer ones as well as their successors (Francis Bacon, Lucian Freud, Jenny Saville…).
All renowned artists who faced the obsessional question of the representation of the human body and its sufferings…

The body, its nudity and fragility are at the centre of his plastic obsessions. His work is a long questioning about the human being – its miserable ephemeral condition, its decadence, its life, its flesh – its strangeness, eroticism, animality, stigmas, death…

With a pure, sharp, thrifty language; one of simplicity and sublimation, permeable to the classical methods and techniques of drawing and painting.
Thus Thierry sketches out and extracts the quintessence of forms and essence of beings, as fugitive as they can be…

 

Je peins donc j’essuie… I paint therefore I wipe…
La spontanéité et la force avec lesquelles Thierry aborde chaque toile donne à sa peinture son caractère d’évidence.
Son véritable combat ne laisse aucun doute sur sa relation intime avec l’œuvre en vue d’un échange privilégié, jusqu’à vouloir la dompter et, peut-être aussi, pour consommer le sujet qui l’obsède ou exorciser ce qui le possède…

La spontanéité du geste obéit à un rythme qui lui est propre et témoigne de cette volonté de travailler toujours vite, pressé par l’urgence : énergie intense, rage, nécessité… comme pour combler, rassasier son énergie créatrice et son incroyable boulimie.
Alors parfois, dit-il : “J’essuie, je retouche, j’efface et je détruis aussi !”

Son univers, dans lequel Thierry nous invite à plonger, est à la fois un hymne à la vie et l’expression d’une sensibilité à fleur de peau.
“De cette rencontre, j’ai reçu une grande leçon d’humilité.
Thierry, je te remercie de m’avoir ouvert la porte…”.

Yann Fravalo-Riopelle, février 2011

The spontaneity and the force with which Thierry tackles every canvas give his painting its obviousness.
His true battle is proof of his intimate relationship with the artwork, a privileged conversation he has to the point of wanting to tame it, and maybe also to consume the subject that obsesses him or exorcise what possesses him…

The spontaneity of the gesture obeys to a rhythm peculiar to him and which bears witness of his will to always work fast, hurried by the urgency: intense energy, rage, necessity… as to satisfy his creative energy and his incredible bulimia.So sometimes, he says, « I wipe, I fix up, I erase and also destroy! »

His universe, which Thierry invites us to dive in, is both an anthem to life and the expression of a hypersensitiveness.
« From this meeting I have received a great lesson of humility.
Thierry, I thank you for opening your home to me… ».

Yann Fravalo-Riopelle, février 2011